116th Annual Conference - Bellingham, Washington
Friday, November 9 - Sunday, November 11, 2018

La nourriture comme outil dé-construteur du Patriarcat dans Comment cusiner son mari à l'Africaine de Calixthe Beyala

Monique Manopoulos, "California State University, East Bay"

Je me propose d'étudier les différents mécanismes qui permettent de dé-construire les stéréotypes patriarcaux concernant la recherche d'un mari et du mariage en général dans Comment cuisiner son mari à l'Africaine de Calixthe Beyala.

Proposal: 

Dans son roman, Comment cuisiner son mari à l’Africaine, l’héroine, Aïssatou attrape dans ses filets son voisin, M. Bolobolo grâce à vingt recettes, dont les lecteurs profitent également.  Alors que cette démarche semble s’inscrire dans une tradition patriarcale d’une femme à la recherché d’un mari, en fait Calixthe Beyala nous offre d’une part, l’histoire d’une femme qui piège et utilise un homme afin de ré-approprier sa culture d’origine, une culture qu’elle avait perdue en devenant une « négresse blanche », et d’autre part cette façon d’attirer un homme en passant par le ventre est profondément stéréotypée.  Je pense que la juxtaposition de ces deux démarches constitue en fait la dé-construction du système patriarcal où la femme est elle-même piégée dans un relationnel stéréotypique dont le but est le mariage.  Je pense que le fait que cette histoire est stéréotypique à outrance est en fait une caricature de la situation de la femme dans toute société.  En effet, Aïssatou réussit ainsi à éviter le piège de l’intégration, voulue par une mentalité colonialiste française, mais en ce faisant, elle ne peut éviter le patriarcat omniprésent dans ses deux cultures.  Les caractéristiques des stéréotypes, telles, un homme coureur de jupon dont la présente maîtresse s’appelle Bijou, la quête d’un mari, la conquête par le biais du ventre, sont en fait des caricatures qui permettent d’attirer l’attention sur le filet que la structure patriarcale jette sur les femmes